Herodote.net

Regards sur le monde

La décennie 2001-2010 vue par des historiens

Au coeur de l’Histoire

23 mars 2011

L’historien et conteur Franck Ferrand évoque cette semaine l’Aiglon, la langue française, Pierre Brossolette, nos ancêtres et Gandhi…

Sur tous ces sujets, vous pouvez lui faire part de vos questions, témoignages et commentaires… Écrire à Franck Ferrand                      En savoir plus

Recep Erdogan, personnalité de l’année 2010

26 février 2011

Nos lecteurs ont identifié sans équivoque le principal événement géopolitique de cette année 2010 : la crise européenne, qui ébranle l’un après l’autre les pays les plus faibles de l’Union et la monnaie elle-même.

Soulignons par ailleurs l’émergence, en 2010, de la Turquie. Dédaigneux de l’Union européenne, ce pays affiche une diplomatie indépendante, avec l’Iran et contre Israël. Son économie en pleine croissance lui vaut d’être classé aux côtés des grands pays émergents.

Dès juin 2010, nous avons désigné le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan personnalité de l’année 2010. Populaire dans son pays, Erdogan, bien que Turc, l’est aussi dans les pays arabes où il offre un modèle de démocratie vigoureuse, respectueuse des intérêts nationaux et de l’identité religieuse (tout le contraire des démocraties européennes actuelles).

Il se présente au début 2011 comme le seul homme d’État d’envergure du pourtour de la Méditerranée, sans comparaison aucune avec les dirigeants sans vision des trois grands pays de l’ouest (Espagne, France, Italie).

Notre analyse de l’année 2010

Turquie : le réveil ottoman

6 juin 2010

La Turquie change. En quatre mois, le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan (AKP, islamiste) a mis au pas l’armée, s’est rapproché de l’Iran et éloigné d’Israël et de l’Europe. La nostalgie de l’empire ottoman revient en force…

Lire notre article

L’Allemagne se fâche avec son Président

31 mai 2010

La démission du président de la République allemande, Horst Köhler, le 31 mai 2010, est passée relativement inaperçue. En Allemagne, elle a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans un ciel serein, alors que le pays célébrait la victoire de sa chanteuse, Lena Meyer-Landrut, à l’Eurovision.

Allemagne : un président trouble-fête

L’Europe entre en crise

9 mai 2010

Fatal anniversaire. Ce dimanche 9 mai 2010, 60 ans après la fondation de la CECA par Robert Schumann, le Conseil européen des 27 chefs d’État et de gouvernement a promis solennellement d’engager sa garantie à hauteur de 750 milliards d’euros en cas de défaillance budgétaire d’un État membre (on pense à la Grèce et, plus grave encore, à l’Espagne, qui faisait il y a deux ans encore figure de modèle aux yeux des néolibéraux).

Cette promesse est prise en accord avec le président de la BCE (Banque Centrale Européenne), Jean-Claude Trichet, et celui du FMI (Fonds Monétaire International), Dominique Strauss-Kahn, suite à un coup de fil comminatoire à la chancelière Angela Merkel du président américain Barack Obama, inquiet que la dégringolade de l’euro ne casse la reprise économique américaine !

Bien que saluée avec enthousiasme par une presse courtisane, cette promesse se révèle comme une preuve supplémentaire d’impuissance des dirigeants européens et des institutions issues du traité de Lisbonne. Les investisseurs, l’ayant compris, se dégagent à qui mieux mieux de la zone euro, entraînant un nouveau plongeon de la devise européenne.

Chacun voit en effet qu’en cas de défaillance d’un pays comme l’Espagne, les grands pays de l’Union, obligés de s’endetter massivement pour l’aider, deviendront eux-mêmes insolvables.

Comme le Français Pierre Laval, qui, en 1935, choisit la déflation (coupes à la hache dans les budgets publics et sociaux) pour ne pas dévaluer le franc, les dirigeants européens se sont engagés dans des politiques d’extrême rigueur au bout desquelles l’Europe pourrait, comme le malade de Molière, «mourir guérie»

À lire sur Herodote.net :    La Crise européenne     La déflation Laval

Vers un monde dénucléarisé ?

8 avril 2010

Les présidents russe Dmitri Medvedev et américain Barack Obama ont signé à Prague, le 8 avril 2010, un nouveau traité START (Strategic Arms Reduction Talks) de désarmement nucléaire. Ce traité prévoit que chacun des deux pays réduise son arsenal d’ogives nucléaires d’un tiers en sept ans, de 2.200 à 1.550. Il s’inscrit dans une longue lignée de traités de désarmement qui ont abouti à une réduction indéniables des arsenaux des deux pays : en 1969, le traité SALT (Strategic Arms Limitation Talks) a limité le nombre d’équipements anti-balistiques et les armements offensifs stratégiques ; en 1986, le traité FNI (Forces nucléaires de portée intermédiaire) a supprimé les fusées nucléaires de moyenne portée installées en Europe (SS-20 et Pershing) ; en 1991 enfin, un premier traité START a abouti à une réduction de 30% des armes nucléaires des deux pays.

Fort de ce succès, Barack Obama a réuni à Washington, le 13 avril suivant, les dirigeants de près de 50 pays, afin de sécuriser leurs stocks d’uranium et de plutonium et d’éviter qu’ils ne tombent dans les mains de groupes terroristes. Les 47 pays signataires de l’accord final se sont également engagés à empêcher les acteurs non étatiques à obtenir des informations concernant les technologies nucléaires.

La prochaine échéance pour Barack Obama est la révision du TNP (traité de non-prolifération des armes nucléaires), entré en vigueur en 1970. Elle aura lieu en mai 2010, à l’ONU (New York). Les États-Unis, qui souhaitent isoler un peu plus la Corée du Nord et l’Iran, ont annoncé début avril une modification de leur doctrine nucléaire. Ils se sont engagés à ne pas utiliser l’arme atomique contre des pays non nucléaires qui respectent le TNP, même si ceux-ci emploient des armes biologiques ou chimiques.

Triomphe de Barack Obama…

21 mars 2010

Quinze mois après son accession à la présidence des États-Unis, Barack Obama obtient de la Chambre des représentants, par 219 voix contre 212, l’adoption de sa réforme du système de santé américain. Déjà adoptée par le Sénat, cette réforme permettra à 32 millions d’Américains supplémentaires et 95% de la population du pays de bénéficier d’une couverture sociale.

Par ce succès qui doit beaucoup à sa ténacité et à son sens de l’État, le président Obama démontre ses qualités d’homme d’État. Il a désormais les mains libres pour aborder les autres chantiers de son mandat, en particulier la gestion du dossier israélo-palestinien.

Humiliation de Nicolas Sarkozy

21 mars 2010

La victoire à l’arraché du président américain souligne, s’il en est besoin, la faillite de son homologue français, ce même jour, avec l’échec de son parti aux élections régionales et la remontée de l’extrême-droite.

Nicolas Sarkozy, que tout oppose à Barack Obama, a choisi, au contraire de celui-ci, de multiplier les annonces de réformes. Après trois ans de mandat, force est de constater qu’il a déstabilisé et fragilisé le pays et ses institutions, sans aucun succès ni réforme véritable à son actif.

En marge du «Grenelle de l’environnement», qui se résume à un catalogue de vœux pieux, il a empilé les lois sécuritaires, qui n’ont eu d’autre effet que de démobiliser la police et la justice. Il a par ailleurs multiplié les nouvelles taxes et, parallèlement, les niches fiscales, au point de rendre définitivement illisible le système fiscal.

Au niveau européen, le bilan n’est guère meilleur : l’adoption du traité de Lisbonne a débouché sur une paralysie des institutions ; la désindustrialisation du continent s’amplifie et la voix de l’Europe est devenue à ce point inaudible que le président Obama - encore lui -, s’offre le luxe de bouder le prochain sommet transatlantique, en mai 2010.

L’armée turque mise au pas

22 février 2010

Coup de force légaliste à Ankara. Une cinquantaine de militaires de haut rang, dont une majorité à la retraite, ont été arrêtés sous l’inculpation, sans doute justifiée, de fomenter des troubles.

Ce coup de force sans précédent met un point final au conflit larvé entre le gouvernement islamiste de l’AKP (Parti de la justice et du progrès), arrivé au pouvoir par les élections du 3 novembre 2002, et l’armée, fidèle aux principes laïcs et nationalistes de Kémal Atatürk, auquel revient le mérite d’avoir fondé la République turque sur les décombres de l’empire ottoman, le 29 octobre 1923.

Haïti frappé par la tragédie

15 janvier 2010

La destruction de Port-au-Prince par un tremblement de terre attire l’attention sur Haïti, un pays de dix millions d’habitants déjà affecté par la déforestation, le sida, l’analphabétisme, la misère et la corruption, dépourvu de structures étatiques et dont la bourgeoisie ignore ce que signifient l’«intérêt national» et le «bien public»

Notre dossier : D’Hispaniola à Haïti