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Regards sur le monde

L’actualité vue par Herodote.net

Haïti frappé par la tragédie

15 janvier 2010

La destruction de Port-au-Prince par un tremblement de terre attire l’attention sur Haïti, un pays de dix millions d’habitants déjà affecté par la déforestation, le sida, l’analphabétisme, la misère et la corruption, dépourvu de structures étatiques et dont la bourgeoisie ignore ce que signifient l’«intérêt national» et le «bien public»

Notre dossier : D’Hispaniola à Haïti

Un tortionnaire extradé vers l’Argentine

13 janvier 2010

Julio Alberto Poch, pilote néerlando-argentin, a accepté ce mercredi 13 janvier 2010 son extradition d’Espagne vers l’Argentine afin de pouvoir se défendre. Il est accusé d’avoir, au temps de la dictature militaire (1976-1983), effectué des «vols de la mort» (les prisonniers étaient drogués et jetés vivants au-dessus de l’océan Atlantique).

Lire sur Herodote.net : Une junte prend le pouvoir à Buenos Aires

Julie Canet

La Martinique ne veut pas de l’autonomie

10 janvier 2010

Quelques mois après que le gouvernement français eut offert à l’ancien sultanat de Mayotte, dans les Comores, un statut de département à part entière, voilà qu’il propose l’autonomie à la Martinique et à la Guyane, deux territoires français depuis trois siècles et profondément imprégnés de culture française (langue, religion, droit privé). Tout le contraire de Mayotte !… Comprenne qui pourra.

Sans surprise, les habitants de la Martinique et de la Guyane ont rejeté ce dimanche 10 janvier 2010, à une écrasante majorité, le projet d’autonomie proposé par le président de la République et les élus de la majorité.

La France prend des couleurs     Mayotte, française par accident

Replâtrage franco-rwandais

7 janvier 2010

Le ministre français des Affaires étrangères français Bernard Kouchner s’est rendu ce jeudi 7 janvier 2010 à Kigali pour sceller le rétablissement des relations diplomatiques avec le Rwanda. Celles-ci avaient été rompues en 2006 par le gouvernement rwandais après que le juge Jean-Louis Bruguière eut accusé des proches du président Paul Kagamé d’être à l’origine de l’attentat qui avait déclenché le 6 avril 1994 le génocide contre les Tutsis.

Soutenue par le journaliste sulfureux Pierre Péan, cette thèse, qui fait des Tutsis les responsables du génocide dont ils ont été les victimes, avait l’avantage de disculper la France, gênée par ses relations avec l’ancien dictateur hutu Habyarimana. Mais elle a été depuis lors invalidée et le juge, qui s’est aussi fourvoyé dans une autre enquête sur un attentat à Karachi (Pakistan), en 2002, a quitté ses fonctions.

Paris s’efforce aujourd’hui de remettre les pendules à l’heure mais Paul Kagamé, président anglophone de l’ancienne petite colonie belge, n’a pas attendu pour prendre ses distances avec la «Françafrique». En novembre 2009, il a obtenu que son pays adhère au Commonwealth, club anglophone regroupant la plupart des anciens pays de l’Empire britannique, et dès cette rentrée scolaire, les écoliers rwandais sont invités à apprendre l’anglais et non plus le français ! Pour la première fois, une ancienne colonie européenne change sa langue véhiculaire pour une autre. Mauvais précédent pour la francophonie en Afrique…

6 avril 1994 : génocide au Rwanda        Rwanda : «My tailor is rich»

Peines de mort aux États-Unis

7 janvier 2010

Aux États-Unis, les premières exécutions capitales de l’année ont eu lieu le 7 janvier dans l’Ohio et le Texas.

La peine de mort a été introduite dans les colonies d’Amérique du nord dès 1608. On est passé d’environ 50 exécutions en 1800 à 150 en 1900. Après un pic durant la prohibition avec 200 exécutions en 1930, leur nombre a décliné jusqu’à la fin des années 60.

En 1967, la Cour Suprême a considéré la peine de mort comme un châtiment cruel interdit par le VIIIe amendement de la Constitution et aucune exécution n’a plus eu lieu jusqu’en 1976, quand la même Cour a admis qu’avec la garantie d’un pourvoi en appel, il n’y avait pas violation de la Constitution. Les exécutions ont donc repris de plus belle…

Les mentalités n’en évoluent pas moins. 65% des Américains sont encore favorables à la peine de mort mais ils étaient 80% en 1993. De plus, 15 États sur 50 l’ont déjà abolie, du Michigan, en 1845, au Nouveau-Mexique, en mars 2009.

C’est que de plus en plus d’Américains sont sceptiques sur son effet dissuasif, observant que les États les plus actifs comme le Texas sont aussi ceux où la criminalité est la plus forte ! Un rapport américain indique d’ailleurs que 57 % des policiers eux-mêmes ne croient plus à son efficacité. Ensuite, les tests ADN révèlent que les «couloirs de la mort» hébergent de nombreux innocents condamnés à tort. Enfin, comme l’a indiqué Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique, un procès mettant en jeu la peine capitale coûte près d’un million de dollars en plus, du fait de la multiplication des niveaux d’appels !

Julie Canet

Abou Dhabi préfère les Coréens

27 décembre 2009

Le 27 décembre 2009, l’émir d’Abou Dhabi et le président sud-coréen signent un contrat portant sur la livraison à l’émirat de quatre réacteurs nucléaires. Ce marché de 14 milliards d’euros échappe de la sorte au consortium français Areva/GDF-Suez/EDF/Total qui s’était longtemps cru assuré de l’emporter.

Alors même que les Émirats Arabes Unis sont secoués par une crise financière majeure, rien ne dit que ce contrat ira à son terme. Il n’empêche qu’il appelle au moins deux enseignements :

- Le succès sud-coréen dans les technologies nucléaires est une nouvelle manifestation du phénoménal rattrapage de l’Extrême-Orient sur l’Occident après un demi-millénaire d’effacement ; songeons aussi que les prospectivistes accordaient, il y a un demi-siècle, moins de crédit à la Corée du Sud qu’aux nouvelles républiques d’Afrique noire !

- La France n’a pas craint de s’immiscer dans le conflit arabo-perse en inaugurant le 24 mai 2009 une base militaire à Abou Dhabi en vue de protéger l’émirat contre une hypothétique agression iranienne ; la voilà bien mal récompensée du sacrifice de ses soldats et de ses deniers publics.

L’Iran à la croisée des chemins

27 décembre 2009

L’Achoura commémore en Iran le martyre de l’imam Husayn (ou Hussein), figure majeure du chiisme. Cette fête, célébrée cette année le 27 décembre, a été mise à profit par les opposants politiques pour contester la réélection en juin 2009 d’Ahmadinejad à la présidence de la République islamique. Les manifestations, malgré quelques dizaines de morts, se sont amplifiées dans les jours suivants dans tout le pays et pas seulement à Téhéran, la capitale.

Le régime islamique mis en place par l’ayatollah Khomeyni en 1979 a survécu à une usure rapide en tirant profit des agressions extérieures pour ramener à lui les patriotes iraniens, de la première tentative de déstabilisation américaine en 1979 aux menaces de frappes franco-américaines en 2007 en passant par l’agression irakienne (1980-1988). Cette survie du régime n’a pas empêché la société iranienne de se moderniser comme l’attestent un indice de fécondité et un taux d’alphabétisation de niveau européen. Les manifestations de cette année pourraient mettre en cohérence le régime et la société en liquidant les archaïsmes politiques. Mais un brutal durcissement du régime n’est pas non plus à exclure…

À lire sur Herodote.net : Iran-Occident : les rendez-vous manqués

Conférence de Copenhague : le climat attendra

18 décembre 2009

Voilà plusieurs mois que les Occidentaux attendaient avec anxiété la conférence internationale de Copenhague sur le changement climatique. Réunissant du 7 au 18 décembre 2009 les délégués de 192 pays dont une centaine de chefs d’État ou de gouvernement, sous l’égide de l’ONU, cette conférence devait déboucher sur des engagements contraignants de tous les grands pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter de la sorte à 2°C le réchauffement à venir, d’ici 2100.

En définitive, faute d’accord entre la Chine et les États-Unis, la conférence n’aura abouti qu’à une déclaration de principe. C’est toujours ça de pris, disent les optimistes…

Plus sûrement qu’à Copenhague, on peut discerner un changement de cap dans le fait qu’aux États-Unis, pour la première fois depuis un siècle, le nombre d’automobiles en circulation serait en train de diminuer. Le modèle américain serait-il sur le déclin? Pas en France en tout cas où le gouvernement multiplie les projets autoroutiers et donne un coup de fouet à l’industrie automobile, avec une coûteuse prime à la casse, au risque d’un effondrement brutal de cette même industrie à l’arrêt de la prime en 2010.

Johnny for ever !

9 décembre 2009

Johnny Halliday (66 ans) opéré en catastrophe à Los Angeles ce 9 décembre 2009, en pleine nuit ! La France est en émoi…

L’entourage du chanteur incrimine la négligence d’un chirurgien lors d’une précédente opération à Paris, dans une clinique de grand luxe. On peut regretter que Johnny ait préféré une clinique privée à un hôpital de l’Assistance Publique. Fort heureusement, il est sur la voie de la guérison et ses fans devraient le retrouver en 2010 et pendant de nombreuses années encore.

Premiers pas du traité de Lisbonne

1 décembre 2009

Dix jours après que les dirigeants et les médias européens eussent célébré avec tambours et trompettes le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, le futur président du Conseil européen, le démocrate-chrétien belge Herman Van Rompuy (on prononce : van rompeuille), et la haute représentante pour les Affaires étrangères, la socialiste britannique Lady Catherine Ashton, ont été nommés en comité restreint par les instances bruxelloises !

Ces deux personnalités ont pris leurs fonctions dans la plus grande discrétion ce mardi 1er décembre 2009 tandis qu’entre en vigueur le traité de Lisbonne, décalque du traité constitutionnel rejeté par les Français et les Néerlandais en 2005.

Leur nomination en catimini et la mise en route laborieuse du nouveau traité (après un 2e référendum irlandais et la ratification sur le fil du président tchèque) témoignent de la reprise en main des affaires européennes par les gouvernants des 27 États membres. Elle dissipe l’espoir d’une intégration politique plus poussée de l’Europe…

L’annulation par le président Barack Obama de sa participation au prochain sommet Europe-États-Unis en mai 2010 révèle avec cruauté l’effacement de l’Union européenne sur la scène internationale. Inexistant sur le plan politique et frappé par une crise économique d’une rare gravité, le Vieux Continent mérite plus que jamais son surnom, hélas.