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Regards sur le monde

L’actualité vue par Herodote.net

La France, sa dette, ses emprunts

22 juin 2009

À Versailles, le 22 juin 2009, devant le Parlement français réuni en Congrès, le président Nicolas Sarkozy a annoncé le lancement d’un emprunt d’État auprès du public et non plus seulement des banques, en vue de financer des « investissements d’avenir». Michel Psellos, spécialiste de droit public, nous éclaire sur les emprunts à travers l’Histoire.

Lire l’éditorial de Michel Psellos : La France, sa dette, ses emprunts

Réélection du président iranien Ahmadinejad

12 juin 2009

Amère désillusion pour les Iraniens libéraux et les Occidentaux : Mahmoud Ahmadinejad est reconduit à la présidence de la «République islamique» (et non «islamiste») dès le premier tour des élections avec plus de 60% des voix et une participation électorale très forte.

Rappelons que l’Iran (70 millions d’habitants) est l’héritier de la plus grande civilisation du Moyen-Orient. La société iranienne est plus occidentalisée que toute autre, y compris la société turque (l’indice de fécondité: 2,4 enfants par femme, en est un signe). Le régime lui-même, tissé de pouvoirs et de contre-pouvoirs, est autrement moins archaïque que les régimes arabes ou pakistanais voisins, alliés traditionnels des Américains. Les violences consécutives aux élections de ce 12 juin 2009 sont elles-mêmes la preuve douloureuse d’une grande maturité (dans quel autre pays du Moyen-Orient verrait-on d’aussi importantes manifestations en faveur de la démocratie ?).

En 2005, contre toute attente, Ahmadinejad avait été porté à la présidence de la République islamique d’Iran par des électeurs humiliés par l’attitude hostile de l’Amérique de George Bush Jr à leur égard. Aussi longtemps que le gouvernement américain et ses alliés ont stigmatisé le pays et l’ont ostracisé, le menaçant même d’une guerre préventive, il a pu jouer avec succès la carte de la provocation en multipliant les foucades antisémites et en accélérant les recherches sur le nucléaire…

La main tendue du nouveau président américain Barack Obama a pu rassurer une bonne partie des électeurs iraniens, essentiellement dans les classes moyennes citadines. Elle a laissé croire à l’éviction d’Ahmadinejad. Il faudra hélas patienter en souhaitant que le raidissement du régime face à la poussée démocratique ne débouche pas sur une militarisation de la société et un nouveau conflit…

À lire sur Herodote.net :

Iran-Occident : les rendez-vous manqués    Le rendez-vous des civilisations

Sus à l’Iran !

26 mai 2009

Nicolas Sarkozy inaugure une base militaire française à Abou Dhabi, dans le Golfe Persique, face à l’Iran, conformément à une promesse faite à son ami, l’ancien président George Bush Jr, quand celui-ci rêvait d’en découdre avec Téhéran, après Kaboul et Bagdad.

Cette inauguration est perçue par les Iraniens comme une nouvelle marque d’hostilité et renforce leur inquiétude alors même que les Faucons israéliens, le Premier ministre Benyamin Netanyahou et son ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, parlent de plus en plus ouvertement d’une attaque aérienne massive contre les installations nucléaires iraniennes.

Au moment où se font jour en Corée et au Pakistan des menaces nucléaires autrement plus graves que les recherches iraniennes, il ne manquerait plus qu’une réactivation à grande échelle du conflit entre les Iraniens (ou Perses) chiites et leurs ennemis héréditaires, les Arabes sunnites, alliés pour la circonstance à Israël et aux Faucons occidentaux, dont le président français !

L’ultime garant de la paix demeure le président américain Barack Obama, qui a pris le contrepied de la politique de son prédécesseur et modère ses interlocuteurs israéliens… mais jusqu’à quand ?

En savoir plus avec Herodote.net : Iran-Occident : les rendez-vous manqués

Docteur Folamour en Corée du nord

25 mai 2009

La Corée du Nord vient de se rappeler à l’attention du monde avec un deuxième essai nucléaire souterrain, d’une puissance équivalente à celle de la bombe de Nagasaki. Cet essai constitue une violation du traité international sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et des engagements récents du régime à l’égard de ses donateurs. Il est d’autant plus inquiétant que l’on peut s’attendre à tout de la part du régime de Pyongyang, dirigé par un dément, King Jong-il (fils de l’ancien dictateur Kim Il-sung), que n’arrête aucun scrupule.

Dépourvue de ressources, avec une population de 23 millions d’habitants qui souffre de famine endémique, la Corée du nord a réussi à développer son programme nucléaire avec le concours d’un autre pays aussi imprévisible : le Pakistan, pendant que le monde avait les yeux fixés sur l’Iran…

À lire sur Herodote.net : Une bombe atomique sur Hiroshima !

Sri Lanka : gagner la paix

17 mai 2009

Les armes se sont tues sur l’île Émeraude. Les Tigres tamouls (LTTE) sont vaincus et leur redoutable chef Velupillai Prabakharan tué. Le président nationaliste du Sri Lanka peut goûter la griserie de la victoire contre un mouvement qui existait depuis le début des années 1970.

Cependant, s’il veut ramener durablement la paix civile au Sri Lanka, le président Rajapakse doit poser en termes politiques la question de l’avenir de la minorité tamoule. Après l’indépendance du pays, en 1948, c’est l’intransigeance de la majorité cinghalaise, qui voulait construire l’identité nationale sur sa langue et sa religion – le bouddhisme - qui a marginalisé les Tamouls et poussé les plus extrémistes d’entre eux à constituer un mouvement indépendantiste armé. La loi de 1956 faisant du cinghalais l’unique langue officielle du pays avait beaucoup contribué au sentiment des Tamouls d’être des citoyens de seconde zone.

Les crimes des Tigres Tamouls, qui n’hésitaient pas à enrôler des enfants soldats et à envoyer indifféremment hommes et femmes commettre des attentats suicides contre des civils, ne changent rien à la nécessité d’une dévolution du pouvoir au profit des régions nord et est occupées majoritairement par des Tamouls. Avec les enquêtes pour crimes de guerre tant du côté de l’armée que de celui des Tigres, ce sera sans doute une étape indispensable vers un avenir apaisé.

En savoir plus avec Herodote.net : 4 février 1948 : Ceylan devient indépendante

L’Inde choisit la continuité

13 mai 2009

Le turban bleu du sikh Manmohan Singh devrait encore apporter pendant quelques années une touche de couleur aux réunions des grands de ce monde. Les électeurs indiens viennent en effet de reconduire le parti du Congrès et ses alliés au pouvoir.

Le parti de Manmohan Singh et Sonia Gandhi a même recueilli son meilleur score depuis 1991, alors qu’on lui annonçait une victoire à l’arrachée. C’est une bonne nouvelle pour le pays, déjà fragilisée par des tensions interreligieuses, une guérilla maoïste et des poussées séparatistes et qui n’avait pas besoin en plus d’une coalition fragile à sa tête.

Le principal défi du parti du Congrès consistera à éviter que la situation des 620 millions d’Indiens vivant déjà dans l’indigence la plus totale ne s’aggrave dans un contexte de fort ralentissement de la croissance.

En Inde, le nombre de pauvres a doublé en valeur absolue depuis l’indépendance, même s’il a diminué en pourcentages. Cette Inde de la pauvreté rurale et des bidonvilles a été récemment exposée au monde entier dans Slumdog Millionnaire et Le Tigre Blanc (du jeune romancier Aravind Adiga, Booker Prize 2008), deux œuvres reconnues internationalement mais boudées par les élites indiennes, souvent désireuses de nier ces réalités.

À lire sur Herodote.net : L’Inde sous tension (1947-2009)

L’Afrique du sud au tournant

24 avril 2009

Participation très forte aux élections législatives qui se tiennent en Afrique du sud. Ces élections sont décisives pour l’avenir du pays, qui bientôt ne sera plus protégé de ses démons par l’ombre du vieux Mandela (91 ans). Elles le sont aussi pour le continent noir dont c’est à peu près la seule démocratie digne de ce nom.

Si le principal parti, l’ANC, remporte plus de 66% des voix, il sera en mesure de modifier la Constitution et son chef, l’ineffable Jacob Zuma, futur président de la République, sera alors tenté de centraliser le pouvoir, avec le risque d’une dérive «à l’africaine».

Si par contre les partis d’opposition, le Congrès du Peuple (Cope), né l’an dernier de la scission de l’ANC, et l’Alliance Démocratique (DA), grignotent l’ANC ; si au surplus, le chef de l’Alliance Démocratique, Helen Zille, une femme blanche maire du Cap, remporte les élections dans la province du Cap, alors la démocratie sud-africaine aura accompli un immense pas en avant et Nelson Mandela pourra tirer sa révérence le coeur léger…

En savoir plus avec Herodote.net : L’Afrique du Sud et le rêve de la «Nation Arc-en-ciel»

À Genève, Ahmadinejad embarrasse… l’Iran

20 avril 2009

La deuxième conférence de l’ONU contre le racisme (Durban II) s’est ouverte à Genève sur un coup d’éclat du président iranien : Mahmoud Ahmadinejad a qualifié Israël d’État raciste et regretté que la Shoah (dont il ne nie plus l’existence) ait pu justifier la création de cet État. La diplomatie américaine a prévenu le coup d’éclat en boycottant la conférence.

Dans le même temps, le président américain Barack Obama amorce un rapprochement avec la république islamique d’Iran. De cette façon, habilement, à six semaines des élections qui vont se tenir en Iran le 2 juin, il signifie aux électeurs que le retour de leur pays dans le concert des nations est possible sous réserve qu’ils se débarrassent du boutefeu Ahmadinejad !

Obama prend l’exact contrepied de son prédécesseur Bush Jr. qui, en 2003, à la veille des précédentes élections présidentielles, avait poussé les électeurs dans les bras d’Ahmadinejad en stigmatisant le régime en bloc et en menaçant même l’Iran d’une guerre préventive !

En savoir plus avec Herodote.net : Iran-Occident : les rendez-vous manqués

Le cinéma français à l’écoute de son temps

25 mars 2009

Le cinéma français semblait depuis plusieurs décennies attaché aux comédies de boulevard et films psychologiques cantonnés dans les milieux bourgeois… Les choses seraient-elles en train de changer ? On peut le penser avec la sortie en salle du film La journée de la jupe avec Isabelle Adjani dans le rôle principal, et, quelques semaines plus tôt, du film Welcome avec Vincent Lindon.

Le premier film est un huis-clos dans lequel s’affrontent une professeur et sa classe dans un collège de banlieue difficile, sans concession sur la réalité sociale et humaine, sur les préjugés racistes, la violence des uns et la lâcheté des autres… Le second est une fiction qui cache un documentaire sur les désordres insupportables occasionnés par la fermeture du centre d’hébergement des immigrés clandestins à Sangatte, près de Calais. Dans les deux cas, il s’agit d’une plongée dans les bas-fonds de la société sur lesquels les Français et leur élus ferment ordinairement les yeux.

Alternance brutale à Madagascar

17 mars 2009

Après plusieurs semaines de tension dans la capitale malgache, le président en exercice, Marc Ravalomanana, remet sa démission. Cet ancien chef d’entreprise, élu à la présidence en 2002, doit céder le pouvoir à son rival, Andry Rajoelina, bouillant entrepreneur de 32 ans devenu en 2007 maire de Tananarive (le nom de la capitale s’écrit en malgache Antananarivo, qui se prononce… Tananarive).

Aucun projet politique n’apparaît derrière cette alternance qui met aux prises deux hommes au parcours similaire et que distingue seulement l’âge. Notons que Ravalomanana avait l’an dernier cédé à une société sud-coréenne un tiers des terres arables du pays. Ce contrat de type néo-colonial, dont on ne sait pas encore ce qu’il adviendra, a sans doute contribué à son discrédit et à sa chute.

À lire sur Herodote.net : Madagascar, une île à part